L'entrepreneuriat au féminin: Il était temps!

Les femmes aussi !

​​​​​​​​A l'occasion de la Journée internationale des femmes du 8 mars, nous vous proposons une version d'un texte paru dans le dernier numéro du HEG-FR Magazine à propos de l’entreprenariat au féminin.  Article de Mathias Rossi, Professeur, Responsable de l’institut en innovation sociale et publique

L'Innovation Club célèbre la journée internationale des femmes avec 2 invitées d’honneur, Juliana Pantet et Nadine Reichenthal, deux powerhouse women qui partageront avec no​us leur vision et les moments décisifs qui ont marqué leur carrière. 
Date et heure:      Mercredi, 7 mars, 17h00, InnovationLab (HEG Fribourg)
Inscriptions :         Evenbrite


Alors que les premiers travaux consacrés à l’entrepreneuriat apparaissent dans les années 30, c’est seulement dans les années 70 que paraît le premier article scientifique consacré spécifiquement à l’entrepreneuriat féminin. La première revue consacrée à ce thème verra le jour en 2009. Et pourtant… partout dans le monde, de plus en plus de femmes innovent, créent ou dirigent des entreprises. Les chiffres sont éloquents: en Suisse, par exemple, entre 40 et 50% des entrepreneurs sont des femmes. 

Des entrepreneurs comme les autres?
Les entrepreneures existent, elles ont du succès. Certains travaux montreraient même que, plus prudentes, leurs entreprises seraient plus pérennes. La nature des activités entrepreneuriales féminines semble cependant sensiblement différer de celle des hommes. Ainsi, lorsqu’elles entreprennent, les femmes se retrouvent plus fréquemment au niveau local, dans les activités de service à la personne qui demandent moins de ressources ou de technologies. Le capital investi au démarrage est moindre chez les femmes que chez les hommes. Les femmes déclarent en général moins souvent vouloir croître, s’internationaliser ou créer des emplois. Enfin, elles investissent plus que les hommes le champ de l’entrepreneuriat social. 

Des motivations diverses. 
En fait, l’entrepreneure n’existe pas. Il existe autant de types d’entreprises que de femmes. Ces femmes, en fonction de leur personnalité, du contexte dans lequel elles se trouvent, vont développer, à l’instar des hommes d’ailleurs, des motivations diverses: concilier vie privée et vie professionnelle, ambitions, quête de reconnaissance, lifestyle, etc. Des motivations qui pourront bien entendu se modifier en fonction par exemple de l’évolution du cycle de vie familiale. Lorsque l’enfant naît, ou est petit, les aspects liés à la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale auront peut-être plus d’importance qu’une fois les enfants hors de la maison.

Gagner de l’argent: pas un tabou. 
Traditionnellement, les recherches sur les motivations entrepreneuriales mettent en avant des motivations de type économique: on créera une entreprise pour se procurer des revenus, ou pour pallier une difficulté à s’insérer dans le marché de l’emploi salarié. Cette motivation est bien présente dans le cas des entrepreneures; alors que de plus en plus de femmes ont une formation ou un diplôme ainsi qu’une expérience professionnelle, la réalité du marché du travail, l’impact négatif que peut avoir la vie de famille sur une carrière, peuvent s’avérer un puissant facteur de motivation à entreprendre.

« Va voir papa, maman travaille »: pas si facile. 
On estime, et c’est nouveau, que le quart des entreprises créées en Suisse le sont par des mères de famille. Créer et développer une entreprise en étant maman, est-ce possible? C’est en tout cas le pari que font de plus en plus de femmes. La possibilité de mener de front vie familiale et expérience professionnelle intéressante et enrichissante, avec le désir d’être reconnue autrement que comme mère au foyer, est une forte motivation pour certaines femmes rencontrées lors de nos recherches. Cependant, l’écart entre la situation souhaitée (autoorganisation et capacité à gérer son temps) et la réalité en termes d’exigences et de disponibilité, est souvent important. Ceci notamment dans les secteurs d’activité où les femmes sont très présentes, comme les services, le commerce, les soins à la personne. Cette exigence de disponibilité peut se révéler très contraignante, sans que ces femmes soient forcément déchargées des tâches domestiques ou familiales. 

L’entrepreneuriat: un vrai job? Stéréotypes et préjugés. 
L’activité entrepreneuriale de la femme est encore souvent perçue comme accessoire. C’est le « travail d’appoint ». Une femme qui a des enfants et qui travaille à la maison est malgré tout encore souvent perçue comme étant « à la maison ». Ainsi, une entrepreneure me disait être régulièrement sollicitée, alors même qu’elle avait une activité professionnelle, pour accompagner les enfants de la classe aux journées de ski ou aux courses d’école. Ces préjugés peuvent poser un problème lorsqu’il s’agit de trouver un financement pour lancer son activité, par exemple: une idée présentée par une femme semble encore moins facilement convaincre les potentiels financeurs que la même idée défendue par un homme… Enfin, peut-être trouvera-t-on une trace de préjugés en sachant qu’en Suisse, lorsqu’un dirigeant d’entreprise familiale remet sa société à sa descendance, les fils succèdent à leurs pères cinq fois plus souvent que les filles. 

Des stratégies gagnantes. 
Peut-être en va-t-il là d’une spécificité de l’entrepreneuriat féminin: les stratégies diverses mises en place pour gérer ces difficultés. Ces stratégies peuvent prendre la forme de séparation stricte des sphères professionnelle et familiale, ou au contraire d’une intégration des deux mondes, en passant par toutes les formes d’arbitrage imaginables. Elles permettent alors de mettre en évidence le succès et la performance de ces entreprises. 

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